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Espace B

Philippe Dubit

Intrusion

Dessins

 

Exposition

du 14 au 29 novembre 2015

samedi et dimanche
      de 14 à 18h
ou sur rendez-vous

Présence de l’artiste
    les samedis

 

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Le goût de la craie II
fusain
et pierre noire sur papier
106 x 76 cm - © Philippe Dubit

Philippe Dubit nous égare, sème le trouble, éveille nos sens et nous invite à nous « perdre » et c'est tant mieux !

Lorsqu'on rencontre l'homme, on est frappé par la force de sa stature. Toujours vêtu de noir, il a un rire à la fois doux et puissant qui éclate en ricochets. Il se dégage de lui bonhomie et douceur.

Philippe Dubit balaie, s'il en est encore besoin de le faire, les apparences. Il nous emmène dans son univers « onirique ».

Si nulle présence humaine n'est visible dans ses dessins, celle-ci est sans cesse suggérée et l'artiste, présent en deçà ou en delà. L'intervention humaine s'y manifeste au travers des architectures labyrinthiques et la présence d'objets insolites dans des lieux improbables. L'artiste met en place le trouble dans ses clairs-obscurs, l'entre chien et loup - veille et sommeil - l'heure de tous les dangers où tout peut « basculer ». Là où interdits et désirs se mêlent. Ses dessins racontent des histoires fugitives ou plutôt, des histoires qui nous fuient, ne nous appartenant pas dans des espaces clos qui gardent le souvenir et la mémoire d'une intimité. Attirance - répulsion, regardeur - voyeur, caché - révélé, désir - interdit.

Nous voici en tête à tête avec nous-même.

Chaque détail y a son langage. Les escaliers sont-ils le lieu de fuite, de course-poursuite, de fausse issue ou de délivrance ? Les cailloux semés gardent-ils la trace du chemin salvateur du Petit Poucet ou sont-ils ceux qui lapident l'accusée d'ignominie ? La fenêtre en perspective lointaine emprisonne ou délivre-telle ?

Dans ces oeuvres, le silence prend corps, devient palpable. L'instant est suspendu, figé dans l'attente de ce qui va se révéler ou se jouer sur cette scène. La suggestion est encore renforcée par la technique utilisée depuis des années par Philippe Dubit. Tous ses dessins sont exécutés au fusain et à la pierre noire dans parfois de grands formats (106x76). L'artiste use d'une mythologie toute personnelle nourrie de ses lectures (Gombrowicz,...), Le cinéma a certainement lui aussi une influence sur son travail tel le film expressionniste allemand de 1920 « le cabinet du docteur Caligari ». Philippe Dubit y a peut-être trouvé ses mises en abîmes, la perspective faite de plans courts et serrés qui nous happent comme attirés dans un entonnoir. L'influence de l'observation attentive de l'architecture est elle aussi manifeste. Les contes initiatiques classiques sont également sous-tendus dans ces dessins. On songe qu'Alice au pays des merveilles semble passée dans ces dédales. Les épouses de Barbe bleue seraient-elles derrière la porte où ne peut manquer de conduire l'escalier. De ses dires, Philippe Dubit s'approprie et transcende également des faits, récits, souvenirs biographiques, bribes de vie qui lui sont révélés dans le quotidien et lui nourrissent son imaginaire.

Ces oeuvres ne sont pas absentes d'un rapport au corps et on y détecte un certain érotisme. L'artiste opère une transmutation. Ainsi par exemple dans un dessin, le bois de l'escalier devient peau dans lesquelles buttent les marches où l'on distingue la présence incongrue de dents-crochets, de clous. Ce sont les éléments qui s'humanisent.. Dans ce matériaux-chair, un orifice semé d'objets pointus apparait fréquemment. La psychanalyse pourrait y voir un sexe de femme dont nous laisserons à tout un chacun la liberté de l'interprétation.

La puissance des dessins, la force de ce qu'ils racontent et la grande maîtrise technique de l'artiste ne peuvent laisser indifférents. Une fois le regard accroché par une oeuvre, l'oeil y vient et revient sans cesse, cherchant à percer le mystère et l'étrangeté qui l'habite. Si visuellement, la topographie de cet univers paraît clos, celui-ci ouvre une brèche béante dans notre inconscient qui glisse ensuite vers un questionnement.

De nombreux poètes, écrivains (Marcel Moreau, Eddy Devolder,...), amis, critiques (Guy Gilsoul,...), ... se sont plu à le confronter à leurs écrits.

Philippe Dubit (1945) qui vit et travaille à Charleroi, expose en Belgique et à l'étranger depuis 1969. Ses oeuvres font partie de collections privées et publiques (Musée MUHKA à Anvers, Musées Royaux d'Arts et d'Histoire de Bruxelles, Musée des Beaux-Arts de Charleroi, Musée de Louvain-la-Neuve, Musée Marthe Donas à Ittre, Province du Hainaut et du Brabant wallon, California college for Arts and crafts San Fransisco U.S.A) . Il a reçu le Prix de l’Oeuvre Nationale des Beaux-Arts 2009.

Chantal Bauwens
Glabais, août 2015

 
       
Le goût de la craie I
fusain
et pierre noire sur papier
106 x 76 cm - © Philippe Dubit

 
       
Mémoires de la nuit
triptyque, partie centrale, fusain et pierre noire sur papier
106 x 76 cm - © Philippe Dubit


 
 
 

Les enchantements de la forêt II
fusain
et pierre noire sur papier
53 x 76 cm, 2014 - - © Philippe Dubit

 


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