entete Espace B

   

Espace B

Jean Pierre Muller

"Effervescences"

 

 

Exposition

du 6 au 21 octobre 2007

samedi et dimanche
     de 14 à 18h
ou sur rendez-vous

MullairplaneV over New York - 60 x 60 cm
Epreuve numérique - 2006

D’emblée, les points d’accroche dans le travail de Jean Pierre Muller sont les couleurs et les images qui donnent le rythme. L’artiste a développé une démarche qui tend à brouiller les pistes visuelles, culturelles et conceptuelles. De ses préoccupations naît tout un répertoire d’images emblématiques, sérigraphiées : photos, dessins, peintures, … qui donne ses lettres de noblesse à cette technique et permet de rendre plus d’opacité, de varier les matières et les outils. Interventions gestuelles et mécaniques se confondent pour offrir une vision du monde à plusieurs lectures. Les images se superposent, se télescopent sur un fond peint qui permet le relief. Lente remontée des tréfonds de la mémoire et de l’imaginaire collectif que ce soient les grands maîtres de la peinture et l’histoire de l’art, le passé,… par une mise en contemporanéité avec l’actualité, avec la médiatisation universelle de la culture contemporaine ou de la sous-culture de consommation, du monde urbain grouillant, bruyant … Les différentes époques du passé et le présent, la chose vulgaire et celle plus noble cohabitent étroitement, côte à côte, sans esprit de hiérarchie. Chaque image ajoute, comme le ferait le trait du pinceau, une couche de sens au rythme narratif. On comprend, dès lors, l’intérêt de l’artiste pour Rauschenberg mais aussi pour la peinture de la Renaissance (Le Tintoret,…) avec ses mises en scène, ses distributions sur la toile et ses mises en perspective. Cette curiosité pour tous les champs de l’art et de la culture ne peut donner lieu qu’à une ébullition proche du collage, un (quelque fois) « joyeux chahut pyrotechnique » où la profondeur vient du sujet et de la couleur. Jean Pierre Muller questionne la fonction de l’art. Il voue à la peinture un travail de ré enchantement où le rêve et la poésie réintroduits peuvent transcender le négatif de notre monde. « Beauty is our duty » nous dit-il lui-même.

Le travail est rarement autobiographique mais se veut un regard où se confondent les strates des époques, préoccupations, activités de l’homme,… Résurgences qui baignent le monde présent et inspirent l’artiste. Les collaborations et échanges avec d’autres créateurs (plasticiens, musiciens,...) jouent également un rôle particulier dans l’évolution de son travail.

Mullairplane V over New York, nom donné, avec un certain humour, à l’œuvre de l’invitation de cette présente exposition.
Pourquoi prendre le risque de survoler Manhattan? Jean Pierre Muller, comme l’enfant insouciant, s’est fabriqué une maquette d’avion, il l’a peinte éclaboussante de couleurs et de symboles. Il y a placé des références à un de ses maîtres de l’avant-garde russe: Malevitch. Toute la fascination et la continuité… Il veut y croire, encore … « On peut encore voler au-dessus de NY… ! ». Il s’agit presque d’un travail politique où l’artiste nous interpelle sur le quotidien dont il se fait le témoin non sans nous rappeler l’urgente nécessité de la poésie plastique.
Photographiée et mise en situation, le tirage est collé sur aluminium. Dans ce cas, l’œil du peintre restitue ce qui lui est cher avec un autre médium.

Artiste multiple, Jean Pierre Muller est aussi musicien. Il crée des événements sonores « The musical painting » où le public est invité à interagir avec la peinture. Il se crée alors, un dialogue avec la musique qui répond aux propositions du « regardeur ». Cela répond également à la fonction de l’art pour Jean Pierre Muller; forcer le regard, élargir le champ, croire que l’éphémère peut laisser des traces, toucher la collectivité et non seulement une certaine « élite ». Dans toutes les formes de langages qu’il se choisit (intégration urbaine, métro, fresque,…), la confrontation avec le public tient une place prépondérante « On honore le spectateur en tenant compte de son intelligence et de sa curiosité ».
Toujours en « ébullition », Jean Pierre Muller prépare avec d’autres musiciens une nouvelle expérience musicale en collaboration avec sept compositeurs de renommée internationale et alliant une interaction encore plus prégnante entre la peinture et le public.

Né à Bruxelles en 1967, fils du peintre Jacques Muller qui lui transmettra outre l’amour de la peinture, un sens éthique, une forme de modestie « On ne vient pas de nulle part », « On peint ce que l’on est ». Il étudie à l’Ecole des Arts Visuels de la Cambre. Lauréat du prix Louise Dehem en 1998 décerné par l’Académie Royale de Belgique.
Jean Pierre Muller expose régulièrement depuis 1987 tant en Belgique qu’à l’étranger (Grande Bretagne, Irlande, Rép Tchèque, Espagne, Chine, …). Il attache beaucoup d’importance à l’accessibilité de son travail à tout un chacun. C’est pour cette raison qu’il crée aussi bien des événements éphémères dans des lieux inhabituels parfois pour un public « non averti » que des fresques monumentales (quartier de Matonge, Centre Culturel du Botanique, gare Centrale, à Bruxelles, Beaux-Arts d’Alger en Algérie, …)
Il crée également des affiches (Elections européennes ).
Ses œuvres font partie de nombreuses collections privées et publiques: Museo Pablo Serrano de Saragosse (E), Centre de la Gravure et de l’Image imprimée de La Louvière, Communauté Française de Belgique, Banque Dexia,…

Chantal Bauwens
Glabais, août 2007



Effervescences
acrylique sur toile, 82 x 102 cm, 2006


Domingo Supremo
acrylique sur toile, 23 x 32 cm, 2006


Voluptes
acrylique sur toile, 62 x 62 cm, 2007



Photos: Luc Schrobiltgen

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