entete Espace B

   

Espace B

Lionel Vinche

Le rouge-gorge à la fenêtre

   oeuvres récentes


Exposition

28 avril au 13 mai 2012

samedi et dimanche
     de 14 à 18h
ou sur rendez-vous

 

 

       
Rouge-gorge - 100 x 80 cm - 2012
Photo: Luc Schrobiltgen

Poète, chantre du pinceau, le peintre nous plonge sans avertissement dans un monde dont on ne sort pas indemne. Nous y découvrons les tableaux ponctués de saynètes, histoires multiples nées de l’observation du quotidien, tels des pages de bandes dessinées mais qui n’obligent pas l’oeil à la linéarité. Notre sens de la vue est en alerte. Malgré l’alignement des images, il est autorisé à prendre la clé des champs. Notre regard prend le chemin des écoliers. Il ressemble à un moineau, dans le « jardin » du peintre, qui va de gauche, de droite, s’en revient, s’en repart, volette, prend son envol pour se poser un peu plus loin. Rien n’est figé, obligé. Les chemins se font, se défont. Se tisse alors, à notre insu, un réseau entrecroisé, tendu de part en part du tableau. Tension savourée goutte à goutte. Dans chaque « case » évolue tout un petit peuple où se croisent homme, femme, sirène, oiseau, bateau palmier,... objets quotidiens baignés dans leur milieu de vie : mer, plage, jardin, rue, ville, village,... Une mythologie toute personnelle qui habite le peintre autodidacte.

Elle se construit de « célébrations du quotidien » : observations météorologiques, calendrier des heures, des jours, des mois, des années, environnement sonore,... Dans cette promenade luxuriante, il arrive souvent qu’au détour d’un sentier on y rencontre le « je » qui se place comme acteur au milieu de son univers poétique. Si on laisse le regard s’accrocher, le piège de cette toile se referme et on s’y laisse engloutir avec délectation. Bouffées d’émotions, de tendresse qui prend le regardeur. Il lui semble communier avec le coeur de l’artiste qui ne palpite jamais bien loin. Il y a également les oeuvres qui privilégient une « image » unique. Celles-ci donnent l’impression qu’un détail des précédentes est grossi à la loupe tel un zoom photographique. Des formes, des figures pas toujours définies émergent.

Une constante est la présence de l’écriture allusive qui ponctue l’oeuvre dessinée ou peinte mais ne la précède jamais lui donnant équilibre et respiration. Narration poétique des images d'une fausse naïveté tracées d'un geste vif et ce que le peintre utilise l’acrylique ou le bic rehaussé de crayons de couleur sur sa toile. Les préoccupations restent les mêmes. Infimes détails du quotidien qui telles des bulles d’oxygène prisonnières de la vase montent, montent doucement et éclatent à la lumière du jour. Cette lumière,qui vient des profondeurs, partout présente, éclaboussante même dans les oeuvres où les couleurs sont réduites et répétitives repoussant ainsi les limites du tracé. Lionel Vinche ne cesse de dessiner et peindre. Tous les supports sont sources d'inspiration. Depuis, l'emballage de cigarillos qu'il affectionne jusqu'à la boîte de pralines d'un grand chocolatier, tout est prétexte pour de nouvelles exploration picturales d'une fraîcheur et d'une nouveauté que seuls ceux qui ont gardé une âme d'enfant sont capables d'exploiter. Pour cette nouvelle exposition à l'Espace B, ce sont des livres peints que les visiteurs auront la surprise de découvrir en plus des toiles accrochées. La peinture est un jeu, un plaisir sans cesse renouvelé et enrichi par d'incessantes découvertes picturales. Lionel Vinche se repose de la peinture en peignant sur de tels objets et c'est toujours le Vinche qui nous émeut. L'âge aidant, le regard critique de l'artiste se fait plus aigu sur ses oeuvres passées et il n'hésite pas à les reprendre, les faire devenir repentir et support de nouvelles mais aussi à en extraire des parcelles découpées qui donnent vie à des collages. Vinche ne cessera jamais de nous surprendre par son étonnante vivacité créative et par sa sensibilité à fleur... de toile!

Né à Antoing en 1936, il commence à peindre en 1961 et expose depuis 1963. Lionel Vinche a présenté son travail dans de grands musées et nombreuses galeries belges dont celle de Bernard Cats à Bruxelles avec laquelle il travailla de 1987 à sa fermeture et qui lui consacra plusieurs catalogues. Ses oeuvres ont également été régulièrement accrochées hors de nos frontières : Italie, Allemagne, Argentine, Luxembourg, Suisse, Pays-Bas, Congo, France et présentées dans les foires d’art belges et étrangères. Elles font partie de nombreuses collections privées et publiques (Communauté Française, Province du Hainaut,...). Récemment une rétrospective des dix dernières années lui a été consacrée à la Maison de la Culture de Namur et il a participé à l'exposition « Escargots à gogo » au Daily Bul.

Outre sa peinture, il réalisa des fresques murales, des décors pour le théâtre, il s’adonna aussi à la gravure. Sensible à la poésie, il l’a illustrée pour ses amis André Balthazar, Eddy Devolder et pour des éditeurs (La Pierre d’Alun, le Daily-Bull,et tout récemment les Editions Esperluète...). Ses oeuvres ont, elles aussi, tendu la main à la prose (Max Loreau, Dominique Loreau, Eddy Devolder,...).

Chantal Bauwens
Glabais mars 2012

       
Microbes au pied du palmier - 30 x 42 cm - 2012
Photo: Luc Schrobiltgen

       
Adam en tenue de ville - 100 x 130 cm - 2012
Photo: Luc Schrobiltgen

       
Où aller - 24 x 18 cm - 2012
Photo: Luc Schrobiltgen

       
Il emporte le village - 24 x 30 cm - 2011
Photo: Luc Schrobiltgen

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